Écrire avec une IA : c'est (toujours) une bonne situation, ça, scribe ?

À l'heure où l'IA est capable de rédiger des romans toute seule comme une grande, quel avenir reste-t-il aux écrivains ?

VIE D'ÉCRIVAINIA

11/9/20239 min read

Ces derniers temps, il semblerait que l'ami GPT ait pris un sacré galon. Celui qui il y a encore quelques mois n'était qu'un gentil bot légèrement plus évolué que ses petits camarades est à présent devenu le type qui va nous voler notre job.

Yep, t'as bie lu : Chatp GPT, c'est un peu le nouveau plombier polonais d'aujourd'hui. Et sérieux, quand t'as passé des heures à vénérer Wall-e, ça pique légèrement le séant de se faire trahir comme ça par celui dont tu rêvais qu'il devienne un jour ton meilleur ami...

Tu te dis que j’exagère un brin ? Très bien. Exhibit A…

La vidéo Youtube : « J'AI ÉCRIT UN LIVRE ENTIER AVEC L'IA ET CHATGPT (trop facile !) »

Réalisée par l’excellent Ludo Salenne (que je te recommande fortement), on y voit le youtubeur spécialiste en IA rédiger un roman de science-fiction de A à Z, couverture et 4ème de couv comprises ! À plusieurs reprises, l’IA Claude qu’il utilise lui demande des infos complémentaires, lui pose des questions sur la direction à prendre. Et tu te dis, ah bah ça va ! On est sauvés ! Eh bien… Non. Pour le bien de l’exercice, Ludo donne pour instruction à l’IA de répondre par elle-même à ses propres questions, ce qu’elle fait.

Il va ainsi réussir à créer un pitch de départ, une structure, des personnages, des twists, etc. Ensuite – et tu vas voir comme le gars maîtrise bien son bouzin – il demande à Claude de jouer les autocritiques. (Oui, c’est une chose que tu peux faire : donner des rôles différents à ton IA. C’est d’ailleurs recommandé pour plus d’efficacité). Et là, Claude se fait à elle-même des recos et autres critiques bienveillantes (n’est-elle pas choupinou ?) Ensuite, Ludo lui donne pour consigne d’intégrer les correctifs et de débuter la rédaction du chapitre 1. Une fois celui-ci rédigé, il ne lui reste plus qu’à nourrir Claude avec pour qu’il poursuive ainsi jusqu’à la dernière page… !

Tu l’auras donc compris, notre monde littéraire, naguère sanctuaire des humains armés de leur seule créativité (et d'une ou douze tonnes de café), se trouve aujourd'hui au cœur d'une révolution : l'intelligence artificielle, avec ses algorithmes tout terrain, est désormais capable de composer des romans en moins de temps qu'il n'en faut à mon Nespresso pour couler. Faque les amis, il est l'heure se de poser une grande question : dois-je de suite m'engager comme barista chez McDo ou ai-je encore un avenir en tant qu'auteure (humaine) ?

Écrire avec une IA : bon déjà, est-ce que c'est de la bonne ?

Eh bien… Oui, c’est plutôt pas mal. Alors évidemment, ça ne vaut pas encore une plume humaine (« pas encore » étant le mot clé, hein). Et il faut avoir un certain niveau de maîtrise de l’IA (comment lui parler, la paramétrer et autres petites douceurs) pour en tirer le meilleur. Donc pour le moment, ce n’est pas ENCORE (again, j’insiste) à la portée du premier clampin venu.

Seulement demain, probablement que si.

Ce qui signifie quoi, hein, en gros ? Que ça fait des années que je trime, que je sue, que je cisèle chaque phrase avec l’amoureuse minutie d'un horloger et tout ça pour peanut ? Que les cinq ans, trois réécritures et vingt cartouches d’encre nécessaires pour achever mon premier thriller n’ont plus aucune valeur ?

J’en étais là de mes ruminations technologiques, lorsque j’ai reçu un retour d’une Booksta (bookstagrammeuse) qui avait lu et fait la critique de mon livre sur son Insta. Et là, tiens-toi bien, la nana s’était avalé mes quelque 530 pages en… 4 jours ! Elle avait d’ailleurs beaucoup apprécié et me demandait… Quand sortait le prochain !

Euh, dans 5 ans, ça te va ?

Of course, non. Parce que ma petite Booksta-là, elle appartient à une catégorie de lecteurs un peu à part, ceux que l’on appelle dans le milieu…

Les "heavy readers"

Sortes d’ogres dévoreurs de bouquins, qui engloutissent les mots plus vite que leur ombre, ces aficionados du Kindle sont les nouveaux piliers du marché du livre numérique et… il faut bien les nourrir ! Nan, mais t’imagine un peu si tu devais attendre 5 ans entre chaque roman d’un auteur que tu aimes. (Oh wait… Les fans de George R. R. Martin savent…)

Heureusement pour eux (peut-être moins pour moi), le marché du numérique a fait un bond de ouf depuis 3 ans (+16% si ma mémoire est bonne) et celui des livres auto-édités de… Tiens-toi bien… (Non, on n’est pas prêt·e, vraiment)… 400% !

Alors autant te dire que la concurrence est DÉJÀ putain de rude. Donc imagine si demain, après-demain, n’importe qui pouvait se mettre à lâcher des bouquins comme ça dans la nature… Et de bons bouquins, hein !

Oh, mais attends… De « bons » bouquins. Voilà qui me rappelle un épisode d’un podcast que j’aime beaucoup : "La préhistoire du futur" (Tu connais pas ? File découvrir ça !) Il y est question d’un futur très proches où les IA, ayant atteint l’Intelligence Artificielle Généralisée ou IAG (clique pour voir ce qu’est l’IAG) sont désormais capables de créer du contenu en totale autonomie et surtout en illimité. Les artistes, n’ayant plus aucune utilité pour la société, sont donc envoyés en orbite sur l’étoile noire (ça, c’est une inside joke de l’épisode). Les IA n’étant au départ pas très bonne question rédac, elles consomment du contenu humain pour se nourrir, puis comme elles en font rapidement le tour, elles se mettent à consommer leurs propres contenus. Ce qui les oblige à créer toujours davantage. Seulement, elles ont beau créer à l’infini, il y a une chose après laquelle elles courent toujours sans jamais parvenir à l’attraper : l’humanité. Ils font donc revenir les artistes qui peuvent à nouveau produire leurs œuvres, maladroites, imparfaites et terriblement humaines.

Clap de fin.

Et c’est bien joli tout ça et ça donnerait presque envie d’y croire, seulement, j’ai le regret de te l’annoncer, mais bien sûr que si…

… L’IA sera capable d’imiter parfaitement l’humain

Et son humanité en prime. Et sa palette d’émotions complexes. Et je sais que ça te paraît bien triste de lire ça, mais depuis que j’étudie le sujet et que je travaille au quotidien avec les IA je constate chaque jour ses évolutions fulgurantes. Et c’est renversant. Une vraie, une authentique putain de révolution. T’as pas idée.

Tu veux un exemple ? Le métier auquel je me suis formée il y a 2 ans (et le tout pour une somme rondelette et les mensualités qui vont avec) (Aïe.) eh bien, ce métier-là, n’existera plus dans 2 ans. Et le copain Ludo-là, avec ces vidéos sur l’IA et sa formation sur Chat GPT sorties il y a quelques mois à peine ? Eh bien, sans ses mises à jour constantes, il serait déjà devenu obsolète ! Et ce sera la même pour tous les secteurs.

Et c’est d’autant plus vrai après les récentes annonces d’Open AI (la maman de Chat GPT) qui permet déjà à n’importe qui maîtrisant un peu l’art du prompt (parler à l’oreille des IA si tu préfères) de remplacer les boulots de toutes les entreprises non manuelles : commerciaux, marketeurs, juristes, comptables, RH, mais aussi analystes, développeurs, etc.

Alors, est-ce qu’on panique maintenant ou de suite ?

Eh bien… Non. On ne panique pas du tout. À la place, je te propose de surfer. Surfer sur la vague de la révolution et voir un peu où elle nous mène. ‘Toute façon, j’ai envie de te dire, entre ça, la bombe climatique sur laquelle on a les fesses et la poudrière de Gaza (et les autres) … Comment te dire, hein ? Alors oui, bien sûr, tu peux choisir de voir le verre à moitié en train de se pendre avec sa paille (Nooon, pas en plastique !). Ou donc, tu peux surfer comme je te disais.

C’est l’option que j’ai choisie.

Plutôt que de me navrer de cette prochaine concurrence éhontée, je me suis dit que je ferais partie de ceux et celles qui maîtrisent (un peu) le game. Et puisque l’IA est un formidable outil, que je l’utiliserai comme tel. C’est d’ailleurs déjà le cas. En effet, depuis quelques mois, j’ai complètement intégré Chat GPT à ma façon d’écrire. Alors je te rassure de suite, il n’écrit pas pour moi. (Ça, ça reste mon petit plaisir)

Comment j’utilise l’IA pour écrire au quotidien (sans me trahir)

En fait, c’est simple, je l’utilise pour tous ses autres rôles que celui de rédacteur. Et notamment, il est devenu mon assistant de réflexion, mon sparring-partner et aussi, plus récemment mon chargé de simulations.

Et là, tu te dis, attends… Son chargé de quoi ?

De simulations.

What the phoque ? Que tu te dis encore.

Allez, je t’explique. Mais attention, ce que je te dis là, c’est du contenu exclusif, hein ! En bref, j'ai entrepris l'écriture de mon prochain roman et #spoileralert : c’est de la science-fantasy.

« Mais qu’est-ce qu’elle raconte encore ? »

OK, je t’explique.

En gros, la fantasy, c’est la création d’un monde imaginaire de A à Z : Game Of Thrones, Wheel of Time, etc.

La science-fiction, elle, c’est la création d’un monde anticipé où la technologie est à son plus haut niveau d’évolution : Alien, Matrix, etc.

Tu vois la diff’ ?

Bon, eh bien, la science fantasy c’est un mélange des deux. Sauf que tu me connais maintenant un peu (non ? Enchantée, moi c’est Virginie. Mes amis m’appellent Vir) Ahem… Tu me connais un peu disais-je, j’ai tendance à toujours faire un brin complexe. Et effectivement, le prochain roman ne fera pas exception. Car j’ai envie d’emmener mes lecteurs et trices à penser qu’ils sont dans un monde totalement fantaisiste, donc irréaliste… Tout ça pour les faire réaliser, eh, mais oh, dis donc, je connais ce truc-là… Ça me parle ! Puis, ça aussi d’ailleurs ! Mais dis donc, on serait pas un peu… dans notre monde dans genre mille ans ?!

Eh bien si, tout juste !

Mon histoire se passe dans 1000 ans et grâce à GPT, on y voit que du feu !

En fait, mon processus de création est devenu un échange entre mon imagination quelque peu débordante (paraît-il) et les connaissances intarissables de mon pote à mégadata. Pote à qui je vais d’ailleurs laisser la conclusion afin que tu voies par toi-même que non, il n’est pas encore prêt de me remplacer… (Laissons-lui encore 3-4 mois) (Ahem.)

« En vérité, si nous, écrivains, choisissons de voir l'IA comme un pinceau supplémentaire dans notre trousse plutôt que comme une menace pour notre art, les possibilités deviennent aussi vastes que les mondes que nous aimons inventer. Loin de déshumaniser notre prose, l'IA peut enrichir notre palette narrative et nous propulser vers des horizons inexplorés. Et si vous doutez encore des merveilles que cette symbiose peut engendrer, ne manquez pas mon prochain article. Je vous y dévoilerai comment j'ai créé une faune radioactive avec une IA pour mener à bien cette odyssée créative. Restez à l'écoute, l'aventure ne fait que commencer ! »

NB : Ah diantre, ce style sans saveur, ni odeur, un vari régal, n'est-ce pas ? Par contre, le coup de la faune quasi magique, c’est 100% vrai. Je me suis inspirée d’un article sur les Cyanobactéries du lac Maracaibo (Venezuela) et j’ai ensuite donné plusieurs scénarios à Chat GPT pour parvenir à un résultat qui… Oh, mais attendez un peu, j’en dis trop là ! Allez, je vous raconte ça dans le prochain article.

Et d’ici là,
Lumière, tartiflète et paix sur vos petites âmes humaines.